À partir de la série Adolescence, cet article propose une lecture psychanalytique et psycho-criminologique du passage à l’acte masculiniste à l’adolescence. L’analyse met en tension le matériel fictionnel avec les données de la littérature internationale, des recherches et d’une pratique expertale auprès de masculinistes violents pour montrer que la fonction de l’acte s’inscrit comme ultime tentative de subjectivation d’un vécu de honte, d’effondrement narcissique et de non-existence subjective.
Chez l’adolescent, certaines conduites contre-phobiques permettent une mise à distance des représentations incestueuses préconscientes en les précipitant « à l’extérieur » en actes provocateurs. En allant au-devant d’une crainte d’être démasqué, l’adolescent cherche une reconnaissance de son imposture en la faisant supporter par l’Autre.
Cet article explore le rôle des apprentissages scolaires dans les processus de sublimation chez les adolescents dits à haut potentiel. Il analyse comment les investissements dans le savoir peuvent soutenir ou fragiliser le narcissisme selon l’adéquation du cadre scolaire aux besoins spécifiques. À partir d’une vignette clinique, il interroge les conditions psychiques et institutionnelles du décrochage scolaire.
Ce travail se propose de montrer que si la phobie se soustrait à la modélisation des névroses de transfert, elle trouve son cadre élaboratif dans la dimension du narcissisme et de ses avatars. La phobie est un symptôme qui vient signifier le débordement du Moi à gérer l’afflux pulsionnel, et ce dans la mesure où le Moi n’a pas à sa disposition les éléments qui lui permettraient de traduire en un réseau de représentations l’éprouvé interne d’impuissance ou d’anéantissement. La phobie surgit là où le Moi s’effondre ou menace de s’effondrer. C’est dans la fragilité narcissique, voire la faille, que s’engouffre l’objet phobogène pour tenter de donner sens à l’éprouver du sujet. Cet objet que l’on appellera phobique à partir du moment où il pourra être nommé vient aussi donner un sens à l’objet contraphobique qui, lui, compense la fonction narcissique défaillante de l’objet interne. L’objet contraphobique est un objet déjà là à partir duquel se constituera en des formes multiples l’élaboration phobique.
L’article examine l’investissement de l’IA conversationnelle par des adolescents en refus scolaire anxieux. Mobilisant les concepts de psychophobie et de phobie du fonctionnement mental, il lit certains usages de l’IA comme prothèse anti-pensée. Il introduit le Moi-document, fonction contemporaine de subjectivation par l’archive, du corps inscrit à l’historique conversationnel, qui peut soutenir l’élaboration ou se rigidifier en holding fossile.
L’auteur propose de revenir à l’origine du symptôme phobique – avant qu’il ne se forme – c’est-à-dire à l’angoisse. La notion d’hystérie d’angoisse est reprise et étudiée dans son rapport à la névrose d’angoisse. Le cas d’un adolescent de 14 ans illustre ce moment où la névrose d’angoisse ne trouve pas de résolution dans la phobie et l’auteur précise les raisons pour lesquelles lui est privilégiée une solution hypocondriaque.
L’article explore les passages à l’acte chez les adolescents. Il montre comment les humiliations subies se transforment en processus de phobitisation à l’école, et en manifestations agressives. Ces dernières mobilisent des mécanismes de retournement actif et d’identification projective. Le travail institutionnel engagé permet de restaurer une fonction tierce et de relancer les processus de liaison, de subjectivation.
L’auteur propose une réévaluation de la fonction phobique à l’adolescence. Entre la peur de l’objet et l’angoisse du Sujet, la phobie crée l’écart nécessaire pour qu’un espace d’élaboration puisse se constituer. La phobie serait une structure originaire du fonctionnement psychique, tendant à restaurer, par la projection, une homéostasie interne. C’est un mode de gestion de l’angoisse particulièrement utilisé à l’adolescence en raison de la difficulté, au moment de la puberté, d’accéder aux représentations sexuées des conflits internes.
Les auteurs proposent une critique de la notion de phobie scolaire en prenant appui sur le groupe multifamilial qu’ils ont mis en place à l’attention d’adolescents déscolarisés et réfractaires aux soins. Selon eux, cette entité nosographique fait obstacle et, paradoxalement, sert de point de départ à l’élaboration des conflits psychiques. Leur travail montre combien l’abord multifamilial est pertinent dans la prise en soin des collégiens et des lycéens déscolarisés.
À partir du cas de Sophie qui présente une « phobie scolaire », cet article interroge les enjeux métapsychologiques d’un symptôme dont l’évidence nosographique recouvre la complexité des remaniements adolescents. L’articulation entre névrose actuelle et névrose de transfert conduit à penser le scolaire comme un lieu de déplacement des conflits œdipiens et des effets d’après-coup du pubertaire. Les médiations thérapeutiques apparaissent comme les conditions d’une relance du travail de figuration, de transfert et de subjectivation.
Adolescence, 2026, 44, 2, 281-292.
Revue semestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines, indexée AERES au listing PsycINFO publiée avec le concours du Centre National du Livre et de l’Université de Paris Diderot Paris 7