L’article examine l’investissement de l’IA conversationnelle par des adolescents en refus scolaire anxieux. Mobilisant les concepts de psychophobie et de phobie du fonctionnement mental, il lit certains usages de l’IA comme prothèse anti-pensée. Il introduit le Moi-document, fonction contemporaine de subjectivation par l’archive, du corps inscrit à l’historique conversationnel, qui peut soutenir l’élaboration ou se rigidifier en holding fossile.
La réclusion à domicile qui accompagne parfois la phobie scolaire de l’adolescent est un facteur de gravité. Rencontrer en consultation un jeune qui ne sort plus de chez lui, présente un caractère paradoxal qui fait écho aux particularités cliniques de ce trouble Trois configurations de rencontre possible sont proposées, selon le degré d’évitement et la dialectique contenant-contenu. Installer un cadre thérapeutique dans ces situations, confronte à l’écueil d’un lien à caractère paradoxal.
Après avoir évoqué la coupure progressive entre la pédopsychiatrie et la psychanalyse, l’auteur rappelle les modèles (médical, psychopathologique et pédopsychiatrique) permettant de penser les troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent. Il interroge ensuite ce qu’il en est du type de diagnostic (descriptif, étiologique et structural) pour les grandes classifications internationales. Le concept de phobie scolaire invite à un diagnostic structural, celui de refus scolaire n’est que descriptif.
Adolescence, 2026, 44, 2, 247-256.
Revue semestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines, indexée AERES au listing PsycINFO publiée avec le concours du Centre National du Livre et de l’Université de Paris Diderot Paris 7