Archives de catégorie : La guerre – 2026 T. 44 n°1

Jean-François Rabain, Daniel Bougnoux : la guerre au cœur de l’amour : le duel aragon/breton

La rencontre d’André Breton et de Louis Aragon à l’hôpital du Val-de-Grâce en 1917 fut à l’origine d’une amitié passionnée qui aboutira à la publication du Manifeste du Surréalisme et d’Une vague de rêves en 1924. Les Lettres de L. Aragon à A. Breton de 1918 à 1931 nous révèlent le lien de rivalité et de jalousie qui unit et sépare les deux écrivains, tout comme l’emprise d’A. Breton, l’aîné, sur son cadet. La guerre se joue ici au cœur de l’amour, jusqu’à la rupture des années 30.

Adolescence, 2026, 44, 1, 205-218.

Kalyane Fejtö : la dynamique guerrière dans le processus adolescent

Si la référence à la destructivité est essentielle pour comprendre la dynamique psychique inhérente au déploiement de la guerre, il convient d’y associer les enjeux narcissiques à l’œuvre tant au niveau collectif qu’individuel. Le choix d’un ennemi sur lequel peut se déchaîner la violence pulsionnelle peut constituer une solution pour parer à la fragilisation du Moi à l’adolescence. Comment donc cliniquement participer à la transformation de la dynamique guerrière ?

Adolescence, 2026, 44, 1, 193-204.

Hervé Chapellière : le groupe, la guerre, l’adolescence

Le film La Vague est inspiré d’une histoire vraie où il s’agissait d’un projet pédagogique censé sensibiliser les élèves d’un lycée au danger de recréer un mouvement totalitaire. L’évolution sur quelques jours de l’expérience de La Vague, avec ses débordements parfois guerriers, rend compte de l’intrication des enjeux du projet individuel très particulier d’un enseignant, de ceux inhérents à l’adolescence, et de la force des phénomènes groupaux avec les conséquences régressives concomitantes.

Adolescence, 2026, 44, 1, 183-192.

Florian Houssier, Simruy Ikiz-Collino : conceptions de l’adolescence dans l’œuvre de donald meltzer

Les travaux de D. Meltzer ont connu une renommée internationale ; pourtant, ceux sur l’adolescence restent plutôt méconnu en France. Dans cet article, nous investiguons deux voies centrales : nous reprenons de façon synthétique les aspects essentiels de la conception de l’adolescence de D. Meltzer pour mieux la faire connaître, avant de montrer comment sa représentation des groupes d’adolescents nourrit sa représentation de l’adolescence.

Adolescence, 2026, 44, 1, 169-182.

Rémy Reyre : la guerre est déclarée !

Nous proposons de revisiter le concept de psychose infantile par le récit du cas de Youssef. Lorsque la situation thérapeutique est confrontée à des mouvements transférentiels particulièrement massifs, une rencontre peut se co-construire autour du phénomène de confusion. Selon ce principe, il s’agit d’accepter cet état transitoire pour s’engager vers un processus de transformation et de différenciation. Le corps relationnel peut, à cet égard, se présenter comme un point d’ancrage original.

Adolescence, 2026, 44, 1, 155-167.

Adrien Cascarino : le corps scarifié : un champ de bataille ?

Face aux scarifications adolescentes, les soignants oscillent entre impuissance et culpabilité, parfois jusqu’à une agressivité agie. Pour dépasser les enjeux de maitrise, le travail collectif permet de transformer une remise en cause personnelle en questionnement professionnel. La posture thérapeutique devient alors celle d’un soignant capable de supporter sa défaillance et sa haine, et de se laisser déformer sans (se) détruire, soutenant ainsi le processus de séparation à l’adolescence.

Adolescence, 2026, 44, 1, 141-153.

Anel Garza, François Pommier : adolescents : clinique de la violence au mexique

Au Mexique, dans un contexte de violences, les constructions psychiques sont affectées par le traumatisme. Lorsque l’environnement socioculturel et familial propose des scènes agressives, l’hostilité psychique à l’adolescence ne peut que s’accentuer. Nous montrerons, à partir d’un dispositif fondé sur la psychanalyse, comment les ressources ludiques et artistiques permettent d’explorer les constructions identitaires et les traces traumatiques.

Adolescence, 2026, 44, 1, 129-140.

Jérôme Gueydan : un « appareil à désinfluencer » à l’adolescence

Les constructions imaginaires de Léo, 20 ans, sont des machines de guerre toutes-puissantes et protectrices mises en scène dans des récits dystopiques. Elles traduisent la présence sous-jacente d’un appareil à influencer porteur d’une dimension paranoïde et de la menace du pubertaire. En tension avec cet appareil à influencer, l’« appareil à désinfluencer » de Léo tend à contrer et renverser les pulsions destructrices et à soutenir l’esquisse d’une image du corps unifiée.

Adolescence, 2026, 44, 1, 115-127.

Anne-Valérie Mazoyer, Haya Haidar : fascination de l’adolescent pour la figure du tyran

L’adolescence est marquée par des incertitudes et des fragilités psychiques exacerbées par un monde en crise et en guerre. À partir d’une rencontre médiatisée par un bilan psychologique, nous avons essayé de réfléchir aux enjeux de la fascination pour le tyran. L’identification aux héros, bons ou tyranniques, témoigne d’une quête de sens et de renarcissisation. Le rôle du psychologue clinicien est d’accompagner sans imposer un modèle, en permettant au jeune de construire sa propre subjectivité.

Adolescence, 2026, 44, 1, 103-114.

Vladimir Broda, Michèle Benhaïm : guerre et guerres à l’adolescence

Au cours du passage adolescent, fait de paradoxes et de conflits internes, entre autonomie et contraintes, les adolescents subissent des pressions et des violences, exacerbées par un contexte sociétal menaçant. La « guerre » symbolise leur quête d’existence, marquée par des comportements destructeurs et met en lumière l’angoisse et la fragilité affective des jeunes face à un monde où l’absence de mémoire et de transmission d’idéaux favorise une désensibilisation à la violence.

Adolescence, 2026, 44, 1, 87-101.