Archives de catégorie : La guerre – 2026 T. 44 n°1

Virginie Tournefier : l’attraction de la guerre à l’adolescence

Une situation clinique, rencontrée au sein de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, nous permettra d’aborder la question de la radicalisation violente et le désir de combattre à l’adolescence. Les revendications de destruction seraient à entendre du côté d’une problématique de fusion et de séparation avec un maternel archaïque. Dans ce contexte pubertaire de fragilité narcissique et identitaire, l’attraction de la guerre deviendrait un recours face à des angoisses archaïques d’anéantissement.

Adolescence, 2026, 44, 1, 75-85.

Serge Hefez : la guerre en famille

Les guerres familiales trouvent leurs racines dans l’ambivalence des liens affectifs. L’amour et la haine ne s’excluent pas : ils cohabitent dans une proximité étouffante. Les conflits conjugaux, les rivalités fraternelles, les attentes impossibles nourrissent des tensions qui, sans issue, se transforment en affrontements durables. Pour se construire, le jeune doit s’opposer, parfois violemment. Dans cette lutte pour l’autonomie, la maison devient le théâtre d’une véritable guerre de positions.

Adolescence, 2026, 44, 1, 61-73.

Vassilis Kapsambelis : les guerres de laurence

Ce texte décrit les premiers temps du traitement d’une patiente schizophrène violemment opposée aux soins. Cette violence est comprise comme l’impossibilité d’investir l’objet, ceci mettant en danger le Moi propre du patient. La situation thérapeutique nécessite que l’objet soit imposé au patient, ce qui aboutit à une relation de type érotomaniaque. La fin de la guerre ainsi imposée prend différentes formes, l’enjeu étant finalement celui de la séparation et de la perte.

Adolescence, 2026, 44, 1, 47-60.

Estelle Louët, Daniel Marcelli : efficacement traité, médiocrement soigné. conversation

À partir de l’observation de Julien « guéri » de son état dépressif sous antidépresseur, nous interrogeons les réaménagements psychiques faisant suite à cette apparente « normalisation ». Nous montrons qu’une élaboration dépressive entravée peut figer le processus adolescent. La désinhibition induite par le traitement l’expose à la violence de sa pulsionnalité et au passage à l’acte. Ce figement favorise des projections paranoïaques, paravent d’une position homosexuelle passive non élaborée.

Adolescence, 2026, 44, 1, 33-45.

Daniel Marcelli : un adolescent en guerre efficacement traité, médiocrement soigné…

Comment une problématique dépressive peut se figer en une dépression qui, négligée, peut elle-même se fixer en une pathologie plus sérieuse ? Un traitement antidépresseur, justifié mais sans être véritablement associé à un soin relationnel, conduit un adolescent, bien traité mais médiocrement soigné dans une problématique d’allure paranoïaque. Deux autres cas, relatés dans la presse viennent souligner ce risque évolutif dans un contexte social où l’on ne cesse de souligner le « malaise adolescent » !

Adolescence, 2026, 44, 1, 21-32.

Jacques André : l’avenir de la guerre

Pourquoi la guerre ? Pas plus à l’heure de Freud qu’à la nôtre, la psychanalyse n’a la réponse. Jusqu’à quel point peut-on soutenir la sinistre hypothèse freudienne d’une pulsion d’auto-anéantissement enracinée dans les tréfonds de la vie psychique ? En suivant la piste du « narcissisme des petites différences » et en privilégiant l’exemple de la guerre que la Russie fait à l’Ukraine, on tentera de déployer la question.

Adolescence, 2026, 44, 1, 13-20.

Régis Bongrand, Estelle Louët : encore un scandale

En proposant une modalité d’érotisation de l’agressivité, la guerre forme une représentation pouvant aller jusqu’à la force d’attraction à l’adolescence. Parce qu’elle associe le plaisir de la destructivité à une revendication narcissique exacerbée, elle peut constituer une source d’excitation sexuelle considérable. Le travail théorico-clinique du thérapeute vise à ouvrir d’autres voies que le passage à l’acte à des fantaisies tout autant meurtrières qu’auto-destructrices.

Adolescence, 2026, 44, 1, 9-12.