Archives par mot-clé : Destructivité

Virginie Tournefier : l’attraction de la guerre à l’adolescence

Une situation clinique, rencontrée au sein de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, nous permettra d’aborder la question de la radicalisation violente et le désir de combattre à l’adolescence. Les revendications de destruction seraient à entendre du côté d’une problématique de fusion et de séparation avec un maternel archaïque. Dans ce contexte pubertaire de fragilité narcissique et identitaire, l’attraction de la guerre deviendrait un recours face à des angoisses archaïques d’anéantissement.

Adolescence, 2026, 44, 1, 75-85.

Régis Bongrand, Estelle Louët : encore un scandale

En proposant une modalité d’érotisation de l’agressivité, la guerre forme une représentation pouvant aller jusqu’à la force d’attraction à l’adolescence. Parce qu’elle associe le plaisir de la destructivité à une revendication narcissique exacerbée, elle peut constituer une source d’excitation sexuelle considérable. Le travail théorico-clinique du thérapeute vise à ouvrir d’autres voies que le passage à l’acte à des fantaisies tout autant meurtrières qu’auto-destructrices.

Adolescence, 2026, 44, 1, 9-12.

Sébastien Chapellon, Diane Salomon : la fabrique des incasables

Cet article s’intéresse aux ratés qui peuvent se produire dans la prise en charge pluridisciplinaire du sujet. Pour se préserver des affects difficilement tolérables qu’il les amène à éprouver, les professionnels chargés de l’accompagner ont tendance à le réorienter. Cette action, voulue comme thérapeutique, amplifie le sentiment d’abandon du sujet et, ce faisant, la violence de ses attitudes. Un exemple clinique en témoigne.

Adolescence, 2021, 39, 2, 299-312.

Nicolas Rabain, Jean-Christophe Maccotta : quand la destrudo semble triompher

En abordant les nouvelles formes de destructivité chez les adolescents dits « incasables », les auteurs soutiennent un abord pluridisciplinaire des soins. Selon eux, il est crucial de tenir compte non seulement de leurs symptômes, mais aussi de leurs parcours, de leurs carences et de leurs entraves, sans oublier leurs désirs et leurs fantasmes. Ainsi pourront-ils conserver une trace des capacités de contenance et d’élaboration des adultes qu’ils auront rencontrés dans leur parcours de soin.

Adolescence, 2021, 39, 2, 251-255.

Sébastien Chapellon : violence dans le travail d’équipe

Il arrive qu’un adolescent transfère sa propre désorganisation interne sur les personnes qui l’entourent. Entre elles, des incompréhensions et des tensions émergeront. La problématique que l’adolescent leur demande inconsciemment d’héberger peut induire une grande violence interpersonnelle, au risque de dévaster les liens institutionnels. Différents exemples éclairent les mécanismes intersubjectifs à l’œuvre.

Adolescence, 2019, 37, 2, 423-438.

Florian Houssier, Jean-Yves Chagnon : psychopathie, passage à l’acte et destructivité de l’objet

En explorant certaines qualités primaires d’un lien sécure, nous repérons a contrarioce qui vient entraver la capacité à traverser le processus adolescent ; nous articulons ce propos à la situation clinique de Joshua, un adolescent souffrant de psychopathie. Les passages à l’acte itératifs de cet adolescent suggèrent l’hypothèse d’un délire contenu par les violences rejouant une scène primitive traumatique.

Adolescence, 2019, 37, 2, 313-323.

Jessica Jourdan-Peyrony, François Pommier : Le masque comme enveloppe

Créer des masques à partir de l’empreinte du visage avec des adolescents au fonctionnement limite en institution psychiatrique permet de relancer un processus de subjectivation. Cette médiation accueille des projections identifiantes sur des supports concrets, les thérapeutes et le cadre. Confection, création imaginaire et mise en jeu scénique font travailler la dimension corporelle et groupale, la constitution des enveloppes psychiques et leur renfort, en écho aux interactions précoces.

Adolescence, 2017, 35, 2, 315-324.

Michèle Bertrand : Le djihadisme à l’adolescence

Comment des adolescents élevés dans la culture européenne peuvent-ils s’engager dans le djihadisme terroriste ? En montrant le retour du théologico-politique et son effet potentiellement totalitaire, l’auteur montre l’articulation possible entre un mal-être dans la culture, dont il s’agit d’établir les traits spécifiques, et un mal-être personnel qui dérive dans la haine, et la destructivité.

Adolescence, 2017, 35, 1, 135-147.

Sébastien Chapellon : une haine qui masque un appel à être aimé : les faux signalements de maltraitance

Cet article décrit une conséquence méconnue du mal-être adolescent : les faux signalements de maltraitance. Une situation dans laquelle un jeune homme a mensongèrement accusé son père, explique le sens de cet acte qui serait le corollaire d’une tendresse sans pitié. Selon l’auteur, les jeunes lanceurs d’alerte ont paradoxalement besoin d’être étayés par l’adulte qu’ils dénoncent.

Adolescence, 2015, 33, 2, 405-415.

Ouriel Rosenblum : haine entravée, destructivité endurée

Dans le cadre d’un suivi en deux temps (familial pendant l’enfance, individuel à l’adolescence), nous analyserons le cas de Julien, seul enfant de la fratrie à avoir été contaminé in utero par le VIH de sa mère. Nous nous attacherons à cerner la génèse d’une haine entravée, ainsi que le processus de mélancolisation de la transmission, témoin de la destructivité qui occupe la place de la haine.

Adolescence, 2015, 33, 2, 383-394.