La réclusion à domicile qui accompagne parfois la phobie scolaire de l’adolescent est un facteur de gravité. Rencontrer en consultation un jeune qui ne sort plus de chez lui, présente un caractère paradoxal qui fait écho aux particularités cliniques de ce trouble Trois configurations de rencontre possible sont proposées, selon le degré d’évitement et la dialectique contenant-contenu. Installer un cadre thérapeutique dans ces situations, confronte à l’écueil d’un lien à caractère paradoxal.
Cet article se propose d’aborder la question des silences et la fonction qu’ils occupent dans l’abus, l’inceste notamment. Il suggère d’examiner la manière dont ces derniers trouvent à s’inscrire dans la relation transférentielle comme lieu d’une mise en acte du trauma et d’une tentative de subjectivation de l’indicible. La réflexion s’étaye sur le récit des premiers mois d’une prise en charge psychothérapeutique avec une grande adolescente, dont les silences n’ont pas manqué de faire de bruit.
Nous interrogeons les enjeux transférentiels du silence et de la communication non-verbale dans la psychothérapie d’un enfant de 11 ans. Quand le silence de l’analyste rencontre celui du patient, il peut arriver que le processus analytique visant à la constitution d’un destinataire secret emprunte la voie de la motricité non-verbale, et que les mimiques, les postures corporelles et toute la gamme indéfinissable des expressions du patient en viennent à suppléer une motricité verbale défaillante.
Les dispositifs de médiation numériques d’orientation psychanalytique sont étudiés depuis quelques années. Dans cet article, nous présenterons le bricolage, en lien avec le confinement, d’un dispositif numérique à distance et ses enjeux transféro–contre-transférentiels. Les effets du cadre thérapeutique créé avec un jeu vidéo à distance seront interrogés dans l’analyse des échos sur le processus pubertaire du patient adolescent.
Les questions soulevées par le maniement du transfert à l’adolescence soulèvent toujours des débats sur la parentification du thérapeute. Cet article en rappelle brièvement en pratique les enjeux d’hier et d’aujourd’hui.
À partir d’un cas clinique, nous soutenons que l’agir sexuel violent est l’expression condensée d’un processus d’adolescence ponctué d’emprises et de tentatives de déprises. En appui sur l’analyse des mouvements transférentiels, nous développons l’idée selon laquelle l’agir témoignerait d’une tentative de déprise de l’enfermement (narcissique et objectal), tentative que le transfert tente de soutenir, mettre au travail et transformer, sur la voie de la symbolisation.
Le terme « cloîtré » nous évoque Marcel Proust : l’auteur lui-même, mais aussi « la prisonnière » que le narrateur dit cloîtrer, contraignant chacun à deviner l’autre inlassablement pour lui échapper. En analyse, croire que l’on sait ce que l’autre pense a pris une autre forme : l’empathie ; O. Renick en a conçu un « jeu » qu’il nomme « cartes sur table », collaboration à ses yeux entre analyste et patient. Reste à savoir si ce n’est pas un jeu qui « cloître » durablement l’un et l’autre dans le transfert ?
Le terme « cloîtré » nous évoque Marcel Proust : l’auteur lui-même, mais aussi « la prisonnière » que le narrateur dit cloîtrer, contraignant chacun à deviner l’autre inlassablement pour lui échapper. En analyse, croire que l’on sait ce que l’autre pense a pris une autre forme : l’empathie ; O. Renick en a conçu un « jeu » qu’il nomme « cartes sur table », collaboration à ses yeux entre analyste et patient. Reste à savoir si ce n’est pas un jeu qui « cloître » durablement l’un et l’autre dans le transfert ?
Que vit un corps derrière l’écran ? L’écran sert autant à dévoiler qu’à masquer. Nous interrogerons au travers de deux vignettes cliniques de séance en visioconférence la question de la présence et de la circulation des sens de part et d’autre de l’écran. Voir le monde assis derrière son écran, est-ce véritablement la même chose que de prendre part à ce monde ? Voir ou habiter faudrait-il choisir ?
La clinique contemporaine présente le patient dans une relation de plus en plus rapprochée à des images, à des figures numériques de soi et à des technologies plus largement. Cette relation a une influence, en particulier à l’adolescence, sur la construction de l’image du corps, de l’identité et des relations sociales. Par ailleurs, cette relation influence, en retour, l’espace de la relation thérapeutique. Pour le comprendre, ce texte présente six nouvelles modalités de transfert.
Adolescence, 2022, 40, 2, 243-257.
Revue semestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines, indexée AERES au listing PsycINFO publiée avec le concours du Centre National du Livre et de l’Université de Paris Diderot Paris 7