Archives par mot-clé : Narcissisme.

Valérie Boucherat-Hue : automutilation pubertaire

Chez une grande adolescente psychosomatique, le symptôme auto-sadique de trichotillomanie condense les carences du Moi-corps et ses tentatives d’appropriation auto-érotiques. Ces blessures traumatophiliques répétées entretiennent, à des fins de survie, l’excitation d’une absence maternelle déniée dont les traces mnémoniques colonisent la mémoire du corps malade. L’enjeu thérapeutique est la reprise transféro-contre-transférentielle de la fonction homo- et auto-réflexive primitive.

Adolescence, 2016, 34, 3, 587-596.

Delphine Bonnichon : Le masculin dans la maladie musculaire

L’activité semble venir remplir des fonctions importantes pour le travail du masculin en cours chez l’adolescent. Mais qu’en est-il lorsque l’activité est entravée par la maladie somatique ? À la lumière d’une vignette clinique, ces fonctions de différenciation/délimitation, de contenance, d’étayage, mais aussi d’expérimentation de la puissance virile sont mises au travail.

Adolescence, 2016, 34, 3, 563-573.

Samuel Lepastier : narcissisme et haine pour le père

Cet article se propose d’analyser l’expression de la haine contre le père, fréquemment rencontrée aussi bien dans la clinique qu’en dehors d’elle chez les adolescents contemporains. S’il est vrai qu’un récit manifeste peut renvoyer à des contenus latents divers et que les conditions mêmes des cures d’adolescents n’autorisent pas toujours le dévoilement des couches les plus profondes de l’inconscient, il reste, dans le prolongement de la démarche de Freud quant à la question du parricide, que la prise en compte d’œuvres littéraires est une voie privilégiée pour rendre compte de cet affect.

Adolescence, 2015, 33, 2, 341-353.

François Ladame : haine et adolescence : qui hait qui ?

La question de la haine et de l’adolescence est vue comme un jeu de miroir : d’un côté, la haine que peut ressentir l’adolescent et qui peut être une haine de l’autre comme une haine de soi ; de l’autre côté, la haine dont l’adolescent peut être la cible, la haine contre les adolescents.

Adolescence, 2015, 33, 2, 289-299.

Houari Maïdi : la révolte narcissique

La haine est profondément de type narcissique. Elle traduit une défense archaïque, une protection extrême contre la menace d’effondrement psychique et narcissique. Elle peut être inoffensive, ou au contraire agressive et destructive, cherchant à abolir l’altérité. À l’adolescence, le mouvement affectif de haine semble nécessaire à l’endroit des objets parentaux et plus globalement vis-à-vis de l’environnement car l’adolescent a le sentiment d’être « mal regardé », passivé ou féminisé.

Adolescence, 2015, 33, 2, 277-288.

Dimitri Weyl : un mouvement d’émancipation d’une subjectivité contemporaine

Cet article propose de se pencher sur la figure de l’adolescence, développée et filmée par Jacques Audiard dans De battre mon cœur s’est arrêté (2005). Et de voir comment l’image-mouvement et l’écriture cinématographique rencontrent les concepts psychanalytiques en un enrichissement réciproque. Ce film dépeint une problématique adolescente – dans une course à la jouissance perpétuelle – et nous donne à sentir les mouvements somato-psychiques qui vont permettre à ce jeune homme de s’en émanciper.

Adolescence, 2015, 33, 1, 219-230.

François Pommier : de la passion parentale à l’homosexualité naissante

Les situations cliniques comparées de deux hommes ayant présenté des relations de type homosexuel à l’adolescence conduit à appréhender l’homosexualité naissante en rapport avec le désarroi de l’adolescent confronté au langage de la passion parentale. Il résulte de cette étude que si le passage à l’acte homosexuel à l’adolescence consiste à chercher un autre soi-même en miroir à l’extérieur de soi, c’est essentiellement en fonction de l’image des parents confondus en un seul qu’il se constitue. La relation homosexuelle à l’adolescence ne se construit peut-être pas tant en suivant un processus de similarité qu’en s’organisant autour d’une confrontation à l’autre, différent de soi et essentiellement énigmatique.

Claude Savinaud : avoir un père

Un des aspects de l’homosexualité d’adolescence se vectorise sur l’axe de la relation au père grandiose. Cette représentation aliénante fige le sujet dans une soumission masochiste conduisant à un auto-érotisme infantile. La nouveauté de l’accession à la puberté s’en trouve déjouée dans ses attendus œdipiens : évitement de la castration, rabattement de la figure symbolique du père dans les jeux de séduction phallique de l’Œdipe négatif. Nous faisons l’hypothèse d’un investissement pulsionnel d’un “ père maternel ” soignant la détresse de l’adolescent, délaissé par la mère, en le séduisant.

Christian Seulin : remaniements du symbole phallique à l’adolescence

L’adolescence confronte le sujet à l’intégration de son identité sexuelle génitale et à son devenir d’adulte au milieu d’autres adultes. Ces changements ne vont pas sans conduire au remaniement de la symbolique phallique, signe de complétude narcissique dont les supports corporels se référent au corps total et au pénis. En même temps que l’évolution du symbole phallique, s’opère une révision des idéaux qui y sont associés. Les difficultés rencontrées s’accompagnent de mouvements défensifs, en particulier homoérotiques, susceptibles de se fixer. Les modèles d’identification proposés au jeune par les adultes influent de façon importante sur son devenir.

André Green : psychanalyse et temporalité. entretien avec françois richard

Dans cet entretien, répondant aux questions posées par François Richard, André Green revient sur ses travaux désormais classiques sur la temporalité (La diachronie en psychanalyse, Le temps éclaté). Il les replace dans le contexte intellectuel et psychanalytique de l’époque, précise ses positions sur les relations entre structure et développement et sa conception du Moi-Sujet. Ceci l’amène à approfondir ses conceptions concernant les relations entre cas-limite et psychose à partir des propositions de Freud sur la mélancolie, et du même coup à discuter la technique et l’éthique des prises en charge cliniques.

La question des relations entre psychanalyse et temporalité définit l’adolescence comme exemplaire d’une potentialité psychotique dont André Green cherche à théoriser la spécificité tout en prenant en compte la dimension sociale et culturelle.