Los autores de éste articulo, estudian las implicaciones del hecho de pensar la cura sicoanalítica como un proceso adolescente e interrogan el vínculo entre ese proceso, la política y el dispositivo terapéutico. La reflexión se apoya sobre dos situaciones clínicas alrededor de las cuales se cruzan el Id en el sentido de la pulsion de Freud, la identificación y el ideal. El texto busca de abordar y mostrar que el adolescente es un modelo pertinente para pensar la cura. Enseguida el compara la adolescencia y la política mostrando que tanto uno como el otro comparten una cierta relación con la utopía. El adolescente se caracteriza por su capacidad a relacionar el Id, la identificación y el ideal. Para acabar. Y para terminar, el caso de Irma, pone en evidencia una interrogación, sobre el lugar del analista tanto entre la política, la adolescencia y la cura que entre el refulamiento y la demanda de satisfacción, poniendo en causa al interior del individuo las bases del ideal.
The defence strategies of the Aids pathologies towards finitude strongly recall those building themselves up during adolescence. An ego wounded and attacked by the unbinding forces and infantile ideals trying to disentangle themselves rest in the latter. The resurgence of the fantasy of immortality coming up again and unfolding itself during puberty enables the wiping out or the misappreciation of the wound. Through some extracts from the psychoanalytic cure of a patient suffering from Aids, we shall try to show how such a fantasy is liable to emerge and also how far the psychoanalyst, with reference to the idea of a forecast death may find himself blotted out from his position of neutrality and confronted to his own belief in immortality.
The comparison of clinical situations of two men having relations of a homosexual type in adolescence leads one to comprehend nascent homosexuality in relation to the disarray of the adolescent confronted with the language of parental passion. It results from this study, that if the homosexual act in adolescense consists of seeking another self mirrored outside the self, it is essentially as a function of the image of the parents merged into one that constitutes this act. The homosexual relationship in adolescence might not be built so much on following a process of similarity, as in organizing itself around a confrontation with another, different from himself and essentially enigmatic.
As he retraces the treatment of one of his female patients, the author seeks to show the vicissitudes of the transference relation up until the moment when the analytic unbinding permits the patient to leave analysis. The tipping point occurs when the analyst attempts to revisit within the counter-transference the consensual relations of the latency period. The patient, whose functioning has been hampered since puberty, then consents to question the parental images of her pre-adolescence and finds a new dynamic, leading her to discover the structural elements of her personality. The author emphasizes the way in which the analyst is led to displace himself within the treatment, finally adopting the position of a witness, which enables him to remove himself from the process of idealization in which his patient tends to enclose herself and to get her out of the precarious situation in which the psychoanalytical situation had closed her. The author explains to what extent, in the counter-transference, his own anxieties and the expression of his sometimes dizzying position enables his patient to journey through her pre-adolescence.
Les situations cliniques comparées de deux hommes ayant présenté des relations de type homosexuel à l’adolescence conduit à appréhender l’homosexualité naissante en rapport avec le désarroi de l’adolescent confronté au langage de la passion parentale. Il résulte de cette étude que si le passage à l’acte homosexuel à l’adolescence consiste à chercher un autre soi-même en miroir à l’extérieur de soi, c’est essentiellement en fonction de l’image des parents confondus en un seul qu’il se constitue. La relation homosexuelle à l’adolescence ne se construit peut-être pas tant en suivant un processus de similarité qu’en s’organisant autour d’une confrontation à l’autre, différent de soi et essentiellement énigmatique.
En retraçant le déroulement de la cure d’une de ses patientes, l’auteur cherche à montrer les viscissitudes de la relation transférentielle jusqu’au moment de la déliaison analytique permettant la sortie de l’analyse. Le point de bascule apparaît dès lors que l’analyste s’attache à revisiter contre-transférentiellement les relation consensuelles de la période de latence. La patiente, entravée dans son fonctionnement depuis la puberté, consent alors à problématiser les images parentales de sa pré-adolescence et trouve une nouvelle dynamique, qui la conduit à découvrir les éléments structurels de sa personnalité. L’auteur insiste sur la manière dont l’analyste est amené à se déplacer dans la cure pour finalement adopter une position de témoin lui permettant de s’extraire du processus d’idéalisation dans lequel tendait à l’enfermer sa patiente et de faire sortir cette dernière de la situation de précarité dans laquelle l’enfermait le travail analytique. L’auteur explique dans quelle mesure, sur le plan contre-transférentiel, ses propres angoisses et l’expression de sa position parfois vertigineuse permet à sa patiente de faire la traversée de sa pré-adolescence.
L’adolescent qui court le risque de se perdre dans son propre reflet ou dans celui d’autres qu’il porte, est donc à la fois en quête d’images et sous l’emprise du passé. Certaines sont directes et très évidentes, d’autres parallèles ou latérales, dans la fratrie par exemple, et parfois plus lointaines dans l’ascendance. Nous proposons, autour de la question d’une anthropologie de l’adolescence, d’aborder les transformations silencieuses inhérentes aux processus adolescents et l’installation insidieuse de figures qui obscurcissent en partie le champ des représentations. Nous chercherons à montrer que si ces figures installent parfois le sujet dans une dynamique de deuil interminable, elles participent finalement à la structuration et qu’elles ont donc une influence positive sur le processus adolescent.
Les stratégies défensives des maladies du sida vis-à-vis de la finitude rappellent fortement celles qui se constituent pendant la période de l’adolescence. Il est question d’un moi blessé et attaqué par des forces de dé-liaison, d’idéaux infantiles qui tentent de se désagréger. La résurgence du fantasme d’immortalité qui survient et se développe lors de la révolution pubertaire permet l’effacement ou la méconnaissance de la blessure. À travers l’extrait d’une cure avec un patient sidéen, nous tentons de monter comment peut émerger ce fantasme et aussi dans quelle mesure le psychanalyste, en regard de l’idée d’une mort annoncée, peut se trouver délogé de sa position de neutralité et mis face à sa propre conviction d’immortalité.
Après avoir rappelé la définition du rite non seulement du point de vue anthropologique mais aussi psychanalytique et à l’articulation entre ces deux aspects, l’auteur de cet article cherche, d’abord d’une manière générale puis en se rapportant plus particulièrement aux processus adolescents, à faire la distinction entre le rituel et le rite. Il rapproche le premier de la conservation et de la déliaison, alors qu’il situe le second du côté de la dépressivité et de la subjectivation avec un appel à la progression dans un entre-deux temporel. Le rite se présente essentiellement du côté de la fonction symbolique, comme une solution d’attente, une plage de réassurance qui du point de vue dynamique comporte une dimension ludique à travers la volonté de rompre avec des mécanismes répétitifs. Le rite, à la jonction entre temps circulaire et temps linéaire apparaît comme un état « métastable » qui ne cherche pas tant à faire sens qu’à éviter une sortie trop brutale du monde de l’enfance.
Les auteurs de cet article étudient les implications du fait de penser la cure psychanalytique comme un processus adolescent et questionnent le lien entre ce processus, le politique et le dispositif thérapeutique. Leur réflexion s’appuie sur deux situations cliniques autour desquelles s’entrecroisent l’Id (au sens du ça freudien), l’identification et l’idéal. Le texte cherche d’abord à montrer que l’adolescence est un modèle pertinent pour penser la cure. Il rapproche ensuite l’adolescence et le politique en montrant que l’un comme l’autre partagent un certain rapport à l’utopie, l’adolescence caractérisant la souplesse possible entre l’Id, l’identification et l’idéal. Pour finir, le cas d’Irma met en évidence une interrogation sur la place de l’analyste entre le politique, l’adolescence et la cure qui, entre le refoulement et la demande de satisfaction, met en cause à l’intérieur de l’individu, l’échafaudage de l’idéal.
Adolescence, 2010, T. 28, n°1, pp. 51-66.
Revue semestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines, indexée AERES au listing PsycINFO publiée avec le concours du Centre National du Livre et de l’Université de Paris Diderot Paris 7