Though in theory a closed place can have therapeutic value for de-structured, violent or delinquent adolescents, in practice to obtain this objective considerable resources are necessary, not only material but human. The author of this article doubts that in the long run such resources can be maintained, which means that the caregiving quality within such « walls » would always be unpredictable to say the least…
L’adolescent balance régulièrement entre la nécessité de s’identifier et le besoin de se différencier : l’homophilie s’inscrit de ce fait au cœur du processus d’adolescence comme on le rappelle tout d’abord. Entre, l’homophilie et la “ question de l’homosexualité ” la frontière est certes souvent mince, le consultant se trouve assez régulièrement confronté avec son patient aux diverses déclinaisons possibles d’une homosexualité qu’elle soit narcissique, névrotique, perverse, abandonnique, etc. Cet article se centre plus précisément sur la composante narcissique de l’homosexualité à travers la relation précoce mère enfant et tente de distinguer la situation du garçon et celle de la fille. Plusieurs cas cliniques servent d’illustration.
Dans ce travail nous proposons une conceptualisation prenant en compte la théorie de l’esprit, l’adolescence pouvant être caractérisée comme l’âge où le sujet formule pour lui-même une méta-théorie de l’esprit : il investit de pensées ses propres pensées. Le résultat de cette méta-théorie de l’esprit pourrait se figurer à travers l’idéal du moi dont on sait qu’il est une instance qui se dégage au cours de l’adolescence.
La notion de « schizophrénie » revient avec insistance dans les publications psychiatriques actuelles. Que signifie cette résurgence ? Dépister une maladie dès les premières manifestations symptomatiques, voire même avant, est une démarche d’autant plus justifiée qu’on dispose d’un traitement médicamenteux efficace. Mais peut-on réduire ainsi la question de la psychose à l’adolescence : une maladie brouillant le fonctionnement du système neuro-synaptique cérébral sans plus concerner le sujet, son histoire, les avatars de sa transformation pubertaire ? Effectivement, tout adolescent est menacé dans son sentiment de continuité existentielle par un risque d’effondrement ou de rupture réalisant une véritable menace psychotique, ce qu’on pourrait nommer une « psychose pubertaire ». Ce sont là des expressions destinées à décrire un potentiel négatif de désorganisation que l’individu contemporain doit traverser afin de satisfaire aux exigences d’une subjectivation imposée à chacun comme marque de sa singularité. Mais ce travail de subjectivation, jamais totalement acquis ni achevé ne peut s’engager et se poursuivre que si les fondements narcissiques de la petite enfance ont procuré à ce sujet une base de sécurité suffisante. En l’absence de celle-ci, la transformation sexuée du corps et la fantasmatique pubertaire deviennent traumatiques : dans ce contexte de haute incertitude, la désignation nosographique prend souvent l’allure d’une stigmatisation que l’adolescent risque d’autant plus de s’approprier qu’une de ses stratégies de singularisation siège précisément dans les conduites d’auto-sabotage. C’est dire dans ces conditions l’intérêt d’un accompagnement psychothérapique susceptible de tisser avec cet adolescent la continuité d’une histoire relationnelle qui constituera le premier temps d’une prise scénarisée quand manque la possibilité de reprise narcissique.
En se regardant les yeux dans les yeux, les êtres humains changent radicalement de mode de communication : par ce regard partagé, ils quêtent l’intention de l’autre et ouvrent par conséquent l’espace de l’imaginaire et du fantasme là où la vision dans le monde animal en reste à la recherche d’indice : tel est l’argument de l’ouvrage Les yeux dans les yeux et le fil rouge de la réponse à G. Bonnet.
La différence entre les sexes est une question politiquement dangereuse ! L’auteur explore, concernant cette différence, ce qu’il appelle les évidentes réalités épidémiologiques qu’il serait vain de nier, l’interprétation de ces données particulièrement délicate car impliquant l’analyse de la demande de soin selon le sexe : homme ou femme, fille ou garçon n’ont pas les mêmes attitudes pour formuler une demande d’aide. Enfin, dans les différences filles/garçons on ne peut passer à côté des enjeux idéologiques. Dans toutes les sociétés le “ masculin ” et le “ féminin ” sont des marqueurs culturels et sociaux dont aucun individu ne peut s’abstraire. Parler de cette différence conduit toujours l’auteur à naviguer dans le roc du biologique au “ réel ” dont l’ininterprétable peut conduire à toutes les fantaisies interprétatives et, de l’autre côté, le poids du culturel où s’amalgament aisément toutes les idéologies possibles ! Navigation périlleuse donc quand on aborde à la fois la question de l’adolescence, période où se conjuguent le biologique de la puberté ainsi que la dimension sociale et celle de la sexualité qui touche au vif de l’intimité individuelle. Ces lignes de tension trouvent une excellente illustration dans les modalités de soins proposées aux adolescents. Celles-ci prennent-elles en compte la question de la différence des sexes ? Rien n’est moins sûr ! Cet article essaie de montrer que si femme ou fille, homme ou garçon peuvent parvenir au même résultat, le plus souvent ils cheminent par des voies différentes. Mais ces différences sont rarement prises en compte aussi bien dans l’indication de tel ou tel type de soin que dans le déroulement particulier de ce soin. Ces remarques rendent compte des difficultés rencontrées par toutes les structures de soin pour la prise en charge thérapeutique des jeunes adolescents, ceux qu’on appelle les collégiens.
Si, en théorie un lieu fermé peut avoir un intérêt thérapeutique pour des jeunes déstructurés, violents et délinquants, en pratique pour parvenir à cet objectif des moyens non seulement matériels mais surtout humains considérables sont nécessaires. L’auteur du présent article doute que sur le long cours ces moyens puissent être maintenus, laissant alors des « murs » dont la qualité soignante est plus qu’aléatoire…
Subjectivation, which is characteristic of the psychical work of adolescence, is first of all an appropriation by the subject of his body and his thinking. This psychical work is paradigmatic of the social beliefs that we share : symptoms and even more psychical defenses, incontestably evolve over time, apart from the unconscious which may be conceived of as outside time. Thus, symptomatic expression is constantly caught up in the evolution of social values.
La subjectivation, caractéristique du travail psychique de l’adolescence, est avant tout une appropriation par le sujet de son corps et de sa pensée. Ce travail psychique est paradigmatique des croyances sociales que nous partageons : les symptômes et plus encore les défenses psychiques évoluent incontestablement avec le temps, par delà l’inconscient dont on peut penser qu’il est hors du temps. Ainsi, l’expression symptomatique est constamment prise dans l’évolution des valeurs sociales.
Adolescence, 2011, T. 29 n° 3, pp. 585-593.
Revue semestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines, indexée AERES au listing PsycINFO publiée avec le concours du Centre National du Livre et de l’Université de Paris Diderot Paris 7