Sidonie Csillag est la jeune patiente homosexuelle de Freud dont il publie le cas en 1920. La cure durera six mois à raison de cinq séances par semaine. Cependant, elle reste, y compris de l’avis de Freud lui-même, une cure marquée par l’impossibilité d’une rencontre avec l’adolescente. Nous proposons de réinterroger cette non-rencontre à la lumière de la théorie queer et des Gender Studies. Nous verrons à cette occasion en quoi la question du genre et celle du queerintéressent la psychanalyse, en particulier dans la prise en charge des adolescents.
Aujourd’hui, l’incongruence de genre chez l’adolescent est comme noyée parmi toutes les questions portant sur la dysphorie de genre en général. De même, force est de constater que rares sont les travaux psychanalytiques sur ce sujet. Ainsi, après une succincte présentation de l’actualité sur l’incongruence de genre chez l’adolescent, les aspects psychodynamiques de ce phénomène seront interrogés à travers des extraits de consultations, et des réflexions psychanalytiques sur le genre et l’adolescence.
L’étude a pour objet la fréquence des comorbidités psychiatriques chez les adolescents trans ayant un diagnostic de dysphorie de genre associé, consultant sur le dispositif Transidentité(s) du CHRU de Lille. Ainsi 43 patients ont été inclus, 72.1 % d’entre eux auraient au moins un diagnostic psychiatrique associé. Les troubles anxio-dépressifs seraient les plus représentés. Cette étude confirme la vulnérabilité psychique, voire psychiatrique, de cette population.
Ce texte présente la méthode Photolangage®dans la clinique des agirs adolescents. Il montre comment se dispositif favorise les processus de liaison et de symbolisation en situation groupale, ainsi que les effets d’une double contenance des mouvements pulsionnels, permettant la figurabilité des traces traumatiques liées aux expériences non symbolisées.
À travers la rencontre avec une adolescente passée à l’acte violemment au visage, nous pensons la place du visage puis celle du mouvement de défiguration dans le processus de sexuation de l’adolescente. Dans la continuité du corps, le visage est soumis à la violence du pubertaire et à l’exigence du travail de féminin. L’empêchement à intégrer un visage sexué peut entraîner des angoisses de défiguration et des défenses attachées au visage ou encore des violences agies dans la défiguration.
L’article envisage la spécificité des modalités de soins des adolescents auteurs de violences sexuelles en soins contraints. Ces cliniques et les formes paradoxales de l’expression subjective qu’elles entraînent impliquent de repenser nos cadres et outils conceptuels pour aménager un environnement thérapeutique. Les cas exposés illustreront comment la pensée entre en résonance avec des vécus d’effondrement, d’annihilation et la possibilité d’amener ces patients à élaborer des expériences psychiques.
M’appuyant sur la clinique de deux adolescents manifestant une crise œdipienne exacerbée en lien avec des perturbations précoces de la relation à l’objet primaire, le recours à la pornographie dans ses représentations et/ou dans sa pratique correspond à un processus défensif vis-à-vis de la menace traumatique de l’attirance incestueuse à l’égard de la mère et vis-à-vis de la relation génitale qui implique les enjeux de la relation à l’autre. Cette sexualité régressive et défensive concerne beaucoup d’adolescents, à des degrés divers, au début de la crise d’adolescence.
Cet article s’attache à la mise en jeu singulière et exacerbée des séductions dans le transfert, chez une jeune fille en proie à une excitation sexuelle intense et s’adonnant à des amours sans retour après la mort brutale de son père. De la réponse de l’analyste à cette excitation et à une demande d’amour impérieuse dépend la possibilité de constitution d’une scène où le fantasme de séduction pourra être différenciateur et organisateur, au coude à coude avec celui de meurtre du père.
Nous questionnerons les fonctions du corps de l’adolescent engagé dans l’agir sexuel violent en nous appuyant sur le cas de Pierre, quinze ans, incarcéré pour des faits de viols. En appui sur la troisième topique de C. Dejours (2003), nous reviendrons sur les premiers temps de la relation à l’objet primaire, puis sur l’après-coup traumatique pubertaire éprouvant le clivage topique entre inconscient refoulé et inconscient proscrit et précipitant les agirs sexuels violents envers et contre le percept.
À propos de deux vignettes cliniques (l’une issue d’une psychothérapie institutionnelle, l’autre d’une cure individuelle), l’auteur s’interroge sur les enjeux sous-jacents à l’exercice d’une sexualité apparemment « libérée » chez deux grands adolescents : dépendance serrée et mutuelle à la mère, défaut d’intériorisation d’imagos parentales qui permettraient une authentique individuation. Il en souligne les conséquences psychopathologiques et thérapeutiques.
Adolescence, 2019, 37, 1, 23-31.
Revue semestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines, indexée AERES au listing PsycINFO publiée avec le concours du Centre National du Livre et de l’Université de Paris Diderot Paris 7