Les nouvelles missions de l’armée française (maintien de la paix, interposition), particulièrement éprouvantes psychologiquement, ont montré chez les soldats, les plus jeunes comme ceux qui avaient déjà une carrière derrière eux, une étonnante capacité à dominer leur violence. Les situations qu’ils ont eu à affronter en Bosnie de 1992 à 1995, décrites ici, réunissaient pourtant toutes les conditions susceptibles de conduire ces sujets à des débordements pulsionnels incontrôlables.
On peut en conclure que les jeunes gens qui rejoignent l’armée, au sortir d’une adolescence souvent difficile, sont à la recherche d’une discipline, d’un ordre, d’un idéal qui leur permettent d’accéder à une relation pacifiée avec les autres. Pour ce qui est du lieu et de la période considérés, ils ont souvent payé cher cet apprentissage, et manqué de ce fait une réconciliation espérée avec l’humanité.
Dans cet entretien, répondant aux questions posées par François Richard, André Green revient sur ses travaux désormais classiques sur la temporalité (La diachronie en psychanalyse, Le temps éclaté). Il les replace dans le contexte intellectuel et psychanalytique de l’époque, précise ses positions sur les relations entre structure et développement et sa conception du Moi-Sujet. Ceci l’amène à approfondir ses conceptions concernant les relations entre cas-limite et psychose à partir des propositions de Freud sur la mélancolie, et du même coup à discuter la technique et l’éthique des prises en charge cliniques.
La question des relations entre psychanalyse et temporalité définit l’adolescence comme exemplaire d’une potentialité psychotique dont André Green cherche à théoriser la spécificité tout en prenant en compte la dimension sociale et culturelle.
Suite à l’effondrement des utopies révolutionnaires, les adolescents iraniens développent à travers leur rôle actif en tant qu’engagés volontaires dans la guerre Iran-Irak, une “ culture de mort ” où la recherche d’une identité de martyr se substitue à un processus de subjectivation.
L’idéologie islamiste et le fanatisme de guerre induisent des comportementsde repli narcissique qui empêchent ces jeunes d’accéder à la dimension de sexualité adulte et par là de s’approprier un discours au sein d’une société répressive.
À travers le cas clinique d’un ancien adolescent-soldat iranien, cet article tente de montrer comment cette guerre est devenue la seule réponse sous forme d’impasse au processus d’adolescence pour des milliers de jeunes Iraniens.
L’auteur aborde à propos d’adolescents en camps de réfugiés leur principale difficulté : l’incapacité de se projeter dans le futur.
“ Lorsque nous avons commencé à travailler avec les adolescents qui ont vécu la guerre, nous avons constaté “ que leur passé ” se limitait à la période du vécu de cette guerre. Nous avons également remarqué que leur imagination concernant le futur était, soit complètement absente, soit traumatisante. ”
Plusieurs observations cliniques argumentent ce constat et permettent trois conclusions :
– ne pas aller trop vite avec les adolescents pour modifier leur image du futur,
À partir de fragments cliniques et de réflexions métapsychologiques, sont avancées des hypothèses de travail tendant à mettre en évidence comment, à l’adolescence, les symptomatologies compulsives visent l’arrêt du temps par un contre-investissement majeur de la passivité. En refusant activement les effets de l’absence et de la perte d’une part, et ceux de la castration inhérente aux processus identificatoires d’autre part, ces adolescents tentent d’annuler le passage du temps et les changements qui en témoignent.
Les auteurs relatent les événements dramatiques vécus par quatre adolescents en tchétchénie ; leurs retentissements, les modalités de défenses psychiques qu’ils observèrent ; les prises en charge thérapeutiques mises en place.
Dans cet article, l’auteur montre comment le concept de subjectivation est issu de la clinique des états psychotiques à l’adolescence. Ceux-ci sont reliés à un noyau mélancolique parfois difficile à repérer sous le conflit pulsionnel pubertaire. À partir d’un cas clinique d’entrée dans la psychose à l’adolescence, la relation fondamentale entre psychose, temporalité et mélancolie est reproblématisée d’une façon susceptible de rendre compte des symptomatologies d’allure “ cas-limite ” dans une théorisation post-freudienne tenant compte de certains apports de Green et Racamier.
L’auteur étudie la logique de l’engagement du psychothérapeute, précisément son contre-transfert face à la clinique du traumatisme. L’exemple d’Agathe est retenu dont le suivi se déroule dans une atmosphère particulièrement dramatique au Rwanda.
Variation autour de l’article de Freud sur le Sentiment de l’éphémère, ce travail insiste sur l’importance de l’affect de nostalgie dans la constitution de l’activité mentale. S’identifiant au plaisir nostalgique de la mère en train de rêver, l’enfant introjecte un plaisir d’évocation et de mise en narration de son expérience, indispensable à l’investissement de son fonctionnement psychique et du travail de deuil qui lui est corrélé.
Revue semestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines, indexée AERES au listing PsycINFO publiée avec le concours du Centre National du Livre et de l’Université de Paris Diderot Paris 7