Si le modèle de l’organisation infantile de l’économie psychique constitue le paradigme de la cure analytique, le modèle du processus de fin d’adolescence pourrait-il être celui de la “ terminaison ” de l’analyse ? La notion de pulsion d’emprise, constituant de l’appareil psychique, différenciée de celle de relation d’emprise, notamment dans ses aspects mortifères et négatifs, servira de base pour explorer les processus en jeu pour asseoir les assises narcissiques du sujet et lui permettre de se dégager d’une relation aliénante à l’objet primordial, condition de sa subjectivation.
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Sylvie Le Poulichet : les devenirs-sujet
Cet article tente d’apporter un nouvel éclairage sur la notion de subjectivation, en privilégiant la perspective des devenirs-sujet au sein des dispositifs spéculaires transférentiels. Deux séquences cliniques mettant en œuvre ces devenirs-sujet à travers la figuration onirique, puis à travers le passage par le négatif, permettent ici d’appréhender les singularités des temps identifiants.
Olivier Douville : fondations subjectives du temps à l’adolescence
Après avoir mentionné des modèles sociologiques et anthropologiques l’auteur discute, à la suite des travaux de Gutton et Rassial, et à partir de ses élaborations cliniques, la pertinence de l’application du modèle du temps logique pour comprendre les diverses étapes de la temporalité adolescente.
Chantal Frère-Artinian : génocide et travail d’adolescence
L’exemple du récit de Wahram Altounian, rescapé du génocide Arménien de 1915 alors qu’il avait quatorze ans, montre comment un adolescent peut entreprendre ce que l’auteur appelle un “ travail d’adolescence ” comme forme particulière de “ Kulturarbeit ” par la voie originale d’une stratégie : la ruse. La mobilisation massive de la libido pour l’autoconservation, en appui sur l’identification paternelle, et une qualité de la perception qui identifie très rapidement la valeur d’utilité pour la survie de la réalité extérieure, permettent à l’adolescent de remettre en fonctionnalité ce que Kestemberg appelle “ l’organisateur œdipien ”. Demeure cependant enclavée une partie traumatique non advenue à la symbolisation et qui garde une potentialité mélancolique.
Cécile Hochard : des adolescents dans la guerre
De 1939 à 1945, les adolescents, à l’image de la population française dans son ensemble, subissent les effets de la guerre et de l’occupation allemande. L’analyse des différents moments du conflit et de leurs répercussions, offre la possibilité de mettre à jour des réactions psychologiques spécifiques aux jeunes gens et aux jeunes filles, réactions perceptibles à la fois dans la vie quotidienne et dans le domaine scolaire.
Jean-Manuel Larralde : les réponses du droit international à la protection des jeunes en cas de conflit
La transformation de la nature des conflits armés a eu des répercussions considérables sur la situation des enfants et des jeunes. Depuis la deuxième moitié du XXe siècle, le droit international humanitaire protège à la fois les enfants civils en cas de conflit et les enfants participant aux hostilités et l’on note aujourd’hui une multiplication des instances et structures de protection. En outre, l’adoption en mai 2000 d’un Protocole additionnel à la Convention sur les droits de l’enfant du 20 novembre 1989 peut également être considérée comme une avancée intéressante, tout comme les liens entre la protection des enfants et la future Cour pénale internationale.
Michelle Cadoret : violences et guerres pour une culture adolescente ?
Comment actuellement, un adolescent perçoit-il la fonction du politique ? Que ressent-il devant les violences politiques où il se sent impliqué ? Se vit‑il comme un acteur social ? Fait-il un lien entre le politique et le traumatique ? En partant de ces questionnements généraux d’ordre plutôt anthropologique, l’enjeu d’une étude et d’une interprétation est d’abord de dépasser les points de vue phénoménologiques qui viendraient faire écho aux constats sociologiques; c’est-à-dire retrouver, psychopathologiquement, analytiquement, la question traumatique psychique individuelle, entre Histoire et contexte, entre génération et transmission, entre appartenance et filiation.
Olivier Ouvry : adolescence et génocide
La fréquence des engagements militaires d’adolescents dans les génocides suscite une interrogation sur un éventuel parallélisme entre les processus en jeu dans ces guerres et ceux mobilisés dans l’adolescence. Cela ouvre à la question d’une résonnance possible entre les processus psychiques individuels et ceux sociaux, dans la continuité de ce qu’introduit Freud dans Malaise dans la civilisation. Ce croisement se ferait, en l’occurrence, autour de l’agir, en tant que suppléance d’un défaut de transmission trans-générationnelle dans l’infantile, que ce soit au sein de la famille ou au sein du social.
Raymond Cahn : subjectalité et subjectivation
À partir de la distinction freudienne originaire entre sujet du moi et objet du moi et donc entre pôle subjectal et pôle objectal, la subjectalité est conçue comme le processus permettant l’émergence d’un soi créatif et autonome, éclairant, à travers leurs perturbations, certains aspects essentiels du cadre et du contre-transfert conditionnant la possibilité ou non d’un véritable travail psychanalytique.
Michel Grappe : adolescents et préadolescents exposés à la guerre
L’auteur étudie les conséquences psychosociales de la guerre : souffrance psychotraumatique, résilience et hypermaturité. Plusieurs illustrations cliniques posent la question de l’avenir de ces adolescents et de l’aide qui peut leur être apportée.