L’apparition d’un handicap à l’adolescence bouleverse le rapport à soi et à autrui, et modifie les liens œdipien ou fraternel. À partir d’une clinique issue de groupes d’adolescents hospitalisés est discutée une théorisation des transformations et réorganisations psychiques de l’adolescent handicapé, étayée sur les concepts de complexe œdipien et fraternel. Les auteurs développent l’hypothèse d’un complexe sororal tirant sa spécificité de l’affrontement à la passivation.
L’adolescent récuse la dette de vie et réclame autonomie et considération. Néanmoins, la société actuelle offre à l’adolescent des parents fragilisés. La réalité de l’adolescent contemporain apparaît alors comme une quête en tension entre une nécessaire appropriation de lui-même et des dons discrets à ses parents. Si ces dons ne sont pas reçus et échouent à introduire parents et adolescent à une nouvelle position relationnelle, le risque d’un épuisement de l’adolescent est à prendre en considération.
Chez une grande adolescente psychosomatique, le symptôme auto-sadique de trichotillomanie condense les carences du Moi-corps et ses tentatives d’appropriation auto-érotiques. Ces blessures traumatophiliques répétées entretiennent, à des fins de survie, l’excitation d’une absence maternelle déniée dont les traces mnémoniques colonisent la mémoire du corps malade. L’enjeu thérapeutique est la reprise transféro-contre-transférentielle de la fonction homo- et auto-réflexive primitive.
C’est souvent à l’adolescence que les grands sportifs sont repérés. Dès qu’ils acceptent de s’engager dans cette voie, leur corps est soumis à un entraînement intense les amenant à dépasser les limites du normal. Ces jeunes gens s’oublient parfois. Ne parvenant pas à exprimer et faire entendre verbalement leur mal-être, c’est au travers de leurs corps, au travers d’une blessure parfois traumatisante que leur subjectivité peut parvenir à s’exprimer.
L’activité semble venir remplir des fonctions importantes pour le travail du masculin en cours chez l’adolescent. Mais qu’en est-il lorsque l’activité est entravée par la maladie somatique ? À la lumière d’une vignette clinique, ces fonctions de différenciation/délimitation, de contenance, d’étayage, mais aussi d’expérimentation de la puissance virile sont mises au travail.
L’adolescence est le temps de la métamorphose, de la rencontre avec l’autre. Mais bien avant l’arrivée de la puberté, l’enfant à qui les médecins annoncent un diagnostic de maladie chronique grave est obligé de faire face à l’arrivée d’un étranger inquiétant qui lui tombe dessus : la maladie. Comment s’inscrit la puberté dans un corps déjà marqué par la maladie ? L’avènement du corps sexué ne serait-il pas alors un moyen de véritablement s’approprier son corps malade ?
L’entrée dans la dynamique pubertaire marque généralement la fin de la latence. Qu’en est-il dans le contexte d’une atteinte cancéreuse dont les traitements provoquent un mouvement de désexualisation ? À partir d’expériences cliniques et d’entretiens de recherche menés dans le cadre d’un service hospitalier pour adolescents et jeunes adultes, les auteurs interrogent les effets de la maladie grave sur les modalités de sortie de la latence et l’avènement des réorganisations génitales.
À l’appui des données cliniques et projectives issues d’une recherche médico-psychopathologique proposée à des patientes atteintes d’une agénésie utéro-vaginale, notre travail propose l’analyse d’une réaction fréquente de nature anorectique et/ou boulimique à l’annonce diagnostique au moment de l’adolescence. Une étude de cas étaye notre réflexion sur l’accès à la vie sexuelle féminine et porte l’accent sur le traitement psychique à l’œuvre dans la construction de l’intériorité psycho-corporelle.
Les effets à long terme d’un traumatisme crânien grave survenant chez l’enfant et l’adolescent, sont souvent sous-estimés. Or, la gravité des séquelles, notamment cognitives et comportementales, d’un traumatisme crânien augmente de façon inverse avec l’âge de la survenue du traumatisme. À travers le récit d’une psychothérapie d’un adolescent traumatisé crânien, il est proposé un cadre spécifique de travail psychothérapique pour les adolescents cérébro-lésés.
À travers l’évocation de deux patients sourds, ce texte propose de réfléchir à la subjectivation du handicap à l’adolescence. Ce processus semble étroitement lié à la capacité de l’environnement à accueillir le désir d’autonomie et l’altérité de l’enfant, à le laisser rencontrer de nouveaux objets d’amour et également des pairs. Cette condition permet au sujet de passer d’un corps potentiellement à réhabiliter à un corps désirant et d’intégrer le handicap comme partie de son être et de son histoire.
Adolescence, 2016, 34, 3, 499-510.
Revue semestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines, indexée AERES au listing PsycINFO publiée avec le concours du Centre National du Livre et de l’Université de Paris Diderot Paris 7