Au fil de la rencontre avec une adolescente placée dans un cadre judiciaire, nous interrogerons l’intrication de la violence subie à la violence agie, et leurs modalités de répétition. Après avoir exploré les registres dans lesquels s’inscrit la répétition, nous envisagerons le destin des motions entravées. L’acte et son achoppement dans la violence pourraient alors s’entendre comme des errances du féminin. Nous conclurons par quelques réflexions autour de la prise en charge de ces problématiques.
Cet article rend compte du travail psychique que les équipes instituées ont à soutenir lorsqu’elles accueillent et prennent soin d’adolescentes dont les comportements délinquants suscitent des mécanismes de résonance émotionnels et fantasmatiques particulièrement aigus. L’hypothèse est que les agirs transgressifs de ces adolescentes sont des recours à l’acte à visée offensive, défensive et figurative – qui requièrent un exigeant travail d’élaboration de la part des équipes.
L’article considère les actes de violences commises envers les femmes comme des tentatives désespérées pour contenir et transformer la charge d’excitations traumatiques. Le « féminicide » correspondrait à la mise à mort envieuse de la désirabilité de l’objet en réponse au risque d’envahissement par le pulsionnel.
L’auteur interroge la place et la fonction de l’agir sexuel violent dans le processus adolescent. À la suite des travaux d’A. Ciavaldini où l’agir est considéré comme un « affect inachevé », il discute la contribution des violences sexuelles aux « liaisons non-symboliques » selon R. Roussillon. L’enjeu de la « figure du répondant » telle que définie par R. Kaës, émerge dans la clinique de la psychothérapie, là où vécus de violence et d’abandon dans l’enfance laissent trace de l’inadvenu de l’affect.
Cet article interroge le sens de la mise en scène du délit chez certains adolescents. Nous considérons l’évènement délictueux comme un véritable langage de l’affect qui s’exprime sur une scène diurne à l’instar du modèle du rêve. Le délit emprunte une voie d’élaboration qui transforme les pensées du rêve en images sensorielles afin de rendre figurable la nature des éprouvés internes.
L’hypothèse centrale de cet article porte sur l’idée que le conflit central de Lisa, une jeune femme boulimique, mue par des fantasmes omnipotents. Le fonctionnement boulimique de Lisa implique une perte des limites soi/non-soi provoquant des franchissements de la loi. Sa complicité incestuelle avec sa mère nous amène à explorer la problématique de personnalisation-différenciation caractérisant le travail de subjectivation d’une adolescente et ses incidences sur la construction de sa féminité.
Cet article traite des vicissitudes de l’intégration du féminin chez des adolescents délinquants, plus particulièrement sexuels, qui surinvestissent certains aspects apparents de la masculinité, comme les traits de caractère narcissique-phallique. Du fait de traumatismes narcissiques précoces, ces sujets luttent défensivement contre l’intégration des positions passives assimilées à une passivation et une féminisation mortifères.
Cet article porte sur des adolescents incarcérés issus de la migration. L’analyse de leur discours a mis en exergue leur sentiment de rejet par la société, leur honte à être soi et leur souffrance identitaire. La légitimation de leur parole au sein d’un groupe d’expression a ouvert la voie à une rencontre et leur a permis d’avancer dans la mise en sens de leurs transgressions et de leur histoire. Ils ont ainsi pu opérer des réaménagements psychiques afin d’élaborer leur compromis culturel, susceptible de les réconcilier avec leurs multiples affiliations.
La spécificité de la délinquance des filles semble davantage résulter des impasses et pratiques de prises en charge judiciaire ou institutionnelle, que relever d’une particularité liée au genre. À travers l’exposé d’une étude clinique d’une jeune femme aux prises de la délinquance depuis ses treize ans, nous souhaitons sensibiliser à l’éthique du sujet, à savoir une analyse sans prescription a priori et qui soit la plus fidèle possible à l’événement, son vécu et le contexte de vie dans lequel il se situe.
La violence au féminin a longtemps paru comme un épiphénomène, une monstruosité, en tout cas une anomalie. Cet article tente de comprendre comment elle est pensée aujourd’hui au regard d’une double tension. L’émancipation croissante des femmes, mais un contexte de forte réprobation à l’égard de tout usage de la violence, d’une part. Une moindre proportion persistante des jeunes filles et des femmes dans les agirs violents, en dépit d’une égalité renforcée entre les deux sexes, d’autre part.
Adolescence, 2018, 36, 1, 35-45.
Revue semestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines, indexée AERES au listing PsycINFO publiée avec le concours du Centre National du Livre et de l’Université de Paris Diderot Paris 7