Dans le cadre du suivi d’adolescent·e·s transgenres et non-binaires dans un service public de psychologie au Brésil, l’auteure a rencontré entre 2022 et 2023 des jeunes en souffrance psychique qui s’identifiaient comme trans lors de la pandémie de coronavirus. Elle a analysé deux vignettes cliniques dans lesquelles les adolescent·e·s menacent leurs parents s’ils n’autorisent pas le traitement hormonal. Une réflexion est proposée sur les stratégies cliniques possibles dans la gestion de ces situations.
Chez l’adolescent, la demande de soutien à la mise en place d’une transition médicale va à l’encontre des théories psychanalytiques traditionnelles. Dans cet article, l’auteur fait état des métaphores les plus récurrentes, repérées dans les discussions sur la transition de genre. À partir des notions de contagion, de naturalité de genre et d’amputation, il tente de percer à jour les angoisses propres aux analystes d’une part, et à la psychanalyse en tant que champ théorique d’autre part.
À partir du vécu subjectif des protagonistes du film Loup & Chien (2023), les auteurs se penchent sur l’exploration de genre à l’adolescence, sur une île prétendument coupée de toute mondialisation. Évoluant sur un territoire à distance de la société de consommation, d’où provient leur tendance à l’exploration de genre opérée sous le regard tantôt bienveillant, tantôt hostile des adultes ? Comment les habitants de l’île reviendront-ils ou non sur leur système de normes figé par la tradition religieuse ?
La recherche identitaire de l’adolescent rencontre, dans notre époque actuelle, de nouvelles propositions en termes d’identification. En déliant la question du genre de celle du sexe, les théories du genre ouvrent de nouvelles perspectives d’affirmation individuelle, ouvrant ainsi la binarité « homme/femme », « homosexuel·le/hétérosexuel·le » à d’autres déclinaisons. La possibilité de « choisir son genre » peut alors rencontrer la revendication adolescente d’un « droit à l’autodétermination ».
Aujourd’hui, les métamorphoses d’Éros amènent à repenser la thèse qui fait du binarisme sexuel la clef de voûte de l’ordre symbolique. Le corpus psychanalytique est secoué et le sont, plus encore, les pratiques. Comment maintenir vivantes l’écoute, l’intervention analytique et son rapport à ce qui remue dans les champs de la culture ? En quoi le dialogue avec l’anthropologie a-t-il ici une pertinence ?
L’actualité des faits trans doit être mise en lien avec les évolutions sociétales de nos modèles occidentaux, ce qui permet de révéler leur dimension politique. Les adolescent·e·s, figures de la modernité, sont particulièrement à même d’incarner les questionnements transidentitaires. En les conflictualisant avec le processus de subjectivation propre à leur âge, elles/ils nous invitent à repenser nos grilles de lecture des identités genrées, ainsi que la logique binaire qui fonde la différence des sexes.
La sexualité reste un terrain peu exploré des études sur la transidentité. Si sexe et genre recouvrent des données hétérogènes, il est difficile de ne pas entendre des questionnements qui s’entremêlent. L’auteur s’appuie sur ce que des jeunes en transition, en fluidité de genre, ou qui souhaitent échapper aux catégories homme/femme, homo/hétero, cis/trans disent de leurs pratiques sexuelles. Comment intervient la puissance d’agir de ces corps en transformation dans l’élaboration de nos théories ?
Dans cet article, il sera question d’examiner certaines questions suscitées par l’exploration de la binarité chez des adolescent·e·s créatif·ve·s dans leur identité de genre, en faisant dialoguer la psychanalyse avec les questionnements transidentitaires, les études queer et les théories féministes. Il s’agira en outre de se méfier d’une tendance actuelle à la normativité psychique et de lâcher son propre savoir afin de mieux écouter ce que disent les adolescent·e·s transgenres et non-binaires.
Les auteurs et coordinateurs du numéro Binaires/Non-Binaires examinent les questions suscitées par l’exploration de l’identité de genre et de la non-binarité à l’adolescence selon trois axes : le prisme des patient·e·s, celui de leurs parents et enfin, celui des soignants amenés à les rencontrer. Pour ce faire, la démarche freudienne les aiguille vers une créativité subversive plutôt que vers un ensemble de dogmes réactionnaires.
En el marco de una misión educativa en prevención especializada los autores intentan poner a la luz, los movimientos convocados en el acompañamiento de niños “mal acogidos” durante la travesía adolescente. Esas situaciones nos llevan hacia los confines del arcaico, entre transformaciones y compulsiones de repetición; pero pueden encontrar una salida apoyándose en “un Otro que ayuda” participando del trabajo de cultura para reconciliarse con la humanidad.
Adolescence, 2023, 41, 1, 247-258.
Revue semestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines, indexée AERES au listing PsycINFO publiée avec le concours du Centre National du Livre et de l’Université de Paris Diderot Paris 7