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Laetitia Petit : le sport, un objet culturel ?

Parmi les activités supposées culturelles, le sport a été récupéré comme un objet de culture et d’éducation. La pratique sportive, qu’elle soit intensive, de compétition ou de (re)mise en forme, est un rejeton du surmoi culturel et représente le paradigme d’un phénomène plus général : la sévérité surmoïque culturelle. Ainsi, la solution sportive comme réponse au passage adolescent peut représenter une alternative exemplaire pour éviter le processus adolescent, en ce qu’elle colmate, plus ou moins efficacement, toute tension liée au trauma de cette rencontre sexuelle.

Adolescence, 2014, 32, 2, 307-315.

Yves Morhain, Emilie Morhain : des forçats de la gloire ou la passion de l’extrême

À travers l’étude d’un cas, les auteurs interrogent la pratique sportive de haut niveau de jeunes « forçats de la gloire » dont l’accès à une position de démiurge passe par le déni des limites et le fantasme de toute-puissance. Lorsque le réel du corps et des blessures fait irruption, ces champions formulent d’abord une demande de restauration de leur « appareil à performance », qui chemine progressivement jusqu’à permettre l’ouverture de leur monde interne et l’émergence d’une conflictualité antérieure complexe.

Adolescence, 2014, 32, 2, 295-306.

Bernard Andrieu : « plonger dans mon corps ! » : les immersions sensorielles des sports adolescents

L’adolescent a-t-il le choix aujourd’hui de ne pas s’immerger dans son corps et dans le corps des autres pour ressentir son existence et se faire reconnaître ? Au XXIe siècle, l’adolescent hypermoderne doit prendre le risque d’incarner plusieurs corps devant la nécessité de construire son existence, non sans danger identitaire.

Adolescence, 2014, 32, 2, 283-293.

Annie Birraux : les vicissitudes de l’identification héroïque

L’auteur s’interroge sur le devenir du travail identificatoire dans la formation des sportifs de haut niveau et en particulier dans les disciplines où le but à atteindre est de devenir un objet monnayable. Article qui inscrit ce problème dans un contexte économique fétichiste où l’appropriation du corps psychique demeure un exploit.

Adolescence, 2014, 32, 2, 273-281.

Florian Houssier : vivre par le sport, ou comment devenir soi

Entre fétichisation du corps devenu un repère de la valeur du sujet et maintien du jeu comme modalité d’obtention de satisfactions narcissiques et libidinales, le sport est devenu une source d’investissement à la croisée du sujet, du social et du politique. À partir de la biographie d’Andre Agassi, célèbre joueur de tennis des années 1990, nous explorons les divers aspects de l’emprise parentale – ici un père – sur le destin psychique d’un sportif de haut niveau.

Adolescence, 2014, 32, 2, 259-272.

Philippe Gutton : spéléologue par vocation

Le thème du pubertaire comprend la révélation de la troisième dimension du corps féminin, c’est l’évolution pubertaire du maternel féminin. L’auteur travaille ce qui serait la métaphore maternelle génitale. À l’ordinaire les jeux érotiques des jeunes adolescents sont autant de symbolisation de masques de la profondeur maternelle. En pathologie, le déni de la métaphore est assurée, défendue par les pratiques de l’incorporation, autant d’aspects de la fétichisation du corps de l’adolescent. La sexualité de surface est banale aux débuts de l’adolescence. Elle peut se perpétuer, l’exemple d’André Gide est interrogé.

Dominique Agostini : un adolescent dans la grande guerre : bion

À partir du « Journal de guerre » – juin 1917-janvier 1919 – de Bion et des « Commentaires » que ce dernier écrivit 50 ans plus tard, l’auteur établit des liens entre l’expérience de guerre de Bion-adolescent et certains concepts créés par Bion-analyste. Ceux, notamment, de « changement catastrophique », de « terreur sans nom », de « personnalité psychotique » et de « mentalité de groupe ».