L’auteur interroge les modifications de la structure de la personnalité liées aux changements spécifiques de la société et de la culture, et principalement les modifications de la vie familiale et des modes de socialisation.
Le thérapeute familial se doit de prendre en compte la dimension sociale du narcissisme. Il s’avère nécessaire de travailler les liens conjugaux et familiaux en relation avec les impératifs de la liberté et de la faiblesse des contraintes extérieures pour les réguler.
L’adolescence se caractérise par une instabilité et une vulnérabilité des régimes de fonctionnement psychique à l’intérieur desquels la pulsion s’oriente vers des destinées diverses et potentiellement changeantes. Cette problématique s’actualise dans les séances de psychothérapie, infléchissant leurs décours. Par ailleurs, la remise en jeu du narcissisme dans les dialogues thérapeutiques induit d’autres paramètres, plus particulièrement celui que j’ai nommé « la transitionnalisation des échanges », dont je parle en relation avec le corps. La pulsion est étudiée sur un plan théorique, et sa place est analysée dans les différents régimes de fonctionnement psychique qu’on peut trouver en séance. Leurs variations rapides peuvent poser un problème. Dans ce contexte, transformer ce qui peut paraître un obstacle au bon déroulement de la cure en ressource thérapeutique me paraît un objectif clinique et théorique. Ce travail pourrait constituer une base de réflexion, qui devrait se poursuivre et se compléter dans l’avenir.
Les transformations qui affectent le rapport des jeunes à leur propre image résultent de leur adaptation à deux situations radicalement nouvelles auxquelles ils sont confrontés dès la prime enfance : l’omniprésence des images – notamment celles que leurs parents font d’eux –, et les nouvelles organisations familiales dans lesquelles le désir que l’enfant surprenne est maintenu de plus en plus longtemps. « Être célèbre » est alors perçu comme le moyen privilégié de résoudre en même temps plusieurs désirs et angoisses contradictoires.
Le traitement psychothérapique d’adolescents confrontés à une expérience psychotique fait apparaître un sentiment de honte caractéristique. La première hypothèse ici envisagée prend en compte l’existence de honte chez le psychotique en tant qu’éprouvé archaïque qui remet en question l’outillage conceptuel freudien – classique – de la honte structurale post-œdipienne. La deuxième hypothèse postule que dans le travail clinique, l’expression de la honte comme épreuve ontologique au regard de l’Autre constitue une tentative du sujet de s’éprouver comme tel. Notre réflexion insiste, à travers une évocation clinique, sur cette co-occurrence entre expérience psychotique et sentiment de honte.
Narcissique, homoérotique, voire “ féminin ”, l’adolescent est passionnellement attiré par le beau, par la beauté de l’image du corps et tout ce qui entraîne la perception d’une représentation corporelle idéale, c’est-à-dire une image fantasmée, convoité et désirée de soi-même. Toutefois, si l’homoérotisme est inhérent au narcissisme pulsionnel pubertaire, nous faisons l’hypothèse qu’une des formes étiologiques de l’homosexualité, comme genre et comme inclination “ structurée ” de la vie sexuelle, serait liée à l’infantile archaïque et trouverait notamment son essence dans la rencontre esthétique fondamentale de la prime enfance.
Cet article tente d’analyser les pathologies, les comportements, les hiatus culturels et les représentations psychiques des adolescents incarcérés. Cette réflexion s’est élaborée à partir de leur perception du sida. Les associations variées, générées par cette maladie, soulignent le lien entre conduites à risque et représentations sexuelles. Toute la problématique adolescente est ici caricaturale.
Anne Franck a écrit puis réécrit son journal, la réécriture ayant été interrompue par la déportation et la mort dans un camp nazi. A partir de ces deux versions, l’auteur rend compte de l’évolution chez Anne du discours sur soi, en plein passage pubertaire et du rôle du journal dans l’expérience de soi en changement. Le journal est ici pensé comme contenant, comme lieu d’un travail (mémoriel et de renoncement) mais aussi comme le lieu d’incarnation d’un témoin.
Après avoir décrit les plaintes ordinaires, nécessité du temps de l’adolescence, ce texte, à partir d’un travail clinique, présente les spécificités de l’apparition et du travail thérapeutique avec la plainte de l’adolescent. La place d’une scène traumatique pour manifester la plainte et son contenu, faits d’investissements narcissiques très intriqués aux investissements libidinaux sont considérés comme caractéristiques de la plainte à l’adolescence.
L’adolescent pris dans les rêts du premier amour subit une brutale effraction narcissique mais il se leurre moins que l’adulte sur la réalité désirante de l’objet. Il sait que son désir se nourrit de lui-même. Il se désenchantera et fera le deuil de ce premier amour.
Tout adulte garde de ce premier amour une certaine nostalgie qui fera référence dans les vicissitudes d’un destin d’homme ou de femme.
Les auteurs proposent une réflexion relative à la violence agi en augmentation dans la population adolescente et ils s’interrogent sur la compréhension analytique des mouvements destructeurs, aussi bien hétéroagressifs qu’autoagressifs. Différentes positions théoriques sur la question de la pulsion de mort, de la dé-liaison pulsionnelle ou de la tentative de sauvegarde d’un sentiment d’identité lors de l’irruption de violence sont abordées rapidement, suivies de deux vignettes cliniques. La réflexion à partir de ces vignettes tente une mise en lien des aspects intrapsychiques et familiaux qui sous-tendent le recours aux passages à l’acte violents chez ces sujets, en relation avec la problématique adolescente. L’impasse identificatoire momentanée est évoquée ainsi que l’interdépendance entre la violence dirigée contre soi et celle dirigée contre autrui.
Adolescence, 1998, T. 16 n°1, pp. 295-308.
Revue semestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines, indexée AERES au listing PsycINFO publiée avec le concours du Centre National du Livre et de l’Université de Paris Diderot Paris 7