Tous les articles par Admin

Serge Hefez : les limites du genre

Depuis quelques années, des jeunes de plus en plus nombreux remettent en question les frontières balisées du genre, du couple, de la sexualité : bisexuels ou pansexuels, de genre neutre ou fluide, transgenres, ils refusent les étiquettes, les fixations identitaires, pour réclamer le droit à s’inventer eux-mêmes totalement, à faire exploser les frontières entre hétérosexualité ou homosexualité, entre masculin ou féminin, entre fille ou garçon.

Adolescence, 2020, 38, 2, 447-462.

Matthieu Julian : errance, mutilations tégumentaires et insomnie

Dodji est un patient togolais, en situation de rue depuis la fin de son enfance. Les automutilations tégumentaires et son insomnie sont la marque d’une souffrance, celle de son histoire et de sa position d’errant. Les symptômes évoqués témoignent aussi d’une articulation atypique entre le psychique et le corporel, présentée comme nécessaire pour supporter le réel, la culture et l’existence. Cette clinique peut enseigner et illustrer la spécificité du trouble adolescent.

Adolescence, 2020, 38, 2, 435-445.

Liuba Rakova-Carron : l’adolescence : comment la vivre et la terminer ou comment la commencer ?

À partir de deux brèves vignettes cliniques s’ouvrant sur l’histoire de jeunes adultes dont l’un ne présentait aucun signe inquiétant durant l’enfance alors que l’autre était suivie pour une symptomatologie psychotique, nous proposons de réfléchir après-coup aux aléas du processus de l’adolescence et au rôle que cette expérience psychique a pu, ou non, jouer dans l’évolution de leur vie. Et si cette expérience psychique de l’adolescence n’était pas accessible à tout le monde ?

Adolescence, 2020, 38, 2, 423-433.

Isabelle Blondiaux : quête de sens et créativité à l’adolescence

La quête de sens et la créativité sont exacerbées à l’adolescence. Mais si le sens est une quête, quel chemin emprunter pour le découvrir ? La créativité est-elle une méthode pour l’atteindre ? L’accès au sens peut-il être légitimement considéré comme une visée essentielle de la thérapeutique (définie comme technique d’instauration ou de restauration du normal) ? Si oui, est-il fondé d’envisager la créativité comme une discipline essentielle à mobiliser chez les adolescents et leurs soignants ?

Adolescence, 2020, 38, 2, 405-421.

Philippe Gutton : intersubjectalité et principe de réalité en adolescence

Cet article reprend les fondements théoriques de la compréhension des processus d’adolescence, tels que nous les avons pensés Gianluigi Monniello et moi-même. Après avoir rappelé les niveaux de la dualité du travail de subjectivation, nous travaillons ce qui constitue leur transitionnel et précisément la place que le corps sexué y occupe.

Adolescence, 2020, 38, 2, 393-404.

Alain Braconnier : quand le thérapeute est troublé

L’adolescent trouble le thérapeute comme il peut troubler tous les autres intervenants qui l’entourent, allant des parents aux institutions proprement dites. La spécificité de l’écoute analytique interroge sur ce qu’on appelle « l’objet troublant » intrapsychique auquel elle renvoie. Cet « objet troublant » est à repérer et à interpréter tout autant dans le monde interne de l’adolescent que dans celui du thérapeute.

Adolescence, 2020, 38, 2, 383-391.

Manuella De Luca : image trouble. tourments du visible, tourments invisibles

Les images ont une force particulière chez les adolescents et peuvent être l’expression d’une souffrance. La clinique adolescente souvent bruyante donne à voir, sans se limiter à cette part manifeste. Le recours aux images peut aussi s’inscrire dans un processus de renforcement et de sauvegarde narcissique. Le penser en image en tant qu’intermédiaire de la parole et procédé au service d’une dynamique psychique en cours de construction peut être un support du travail psychothérapique.

Adolescence, 2020, 38, 2, 369-382.

Estelle Louët : troubles sur la réalité

À partir de la psychothérapie d’un adolescent de quinze ans, l’auteure propose une réflexion théorique et clinique sur la fonction de l’hallucinatoire et ses destins. Lorsque le Moi n’éprouve plus l’image hallucinatoire comme fausse, celle-ci se dote d’un pouvoir de réalisation brouillant les limites de la perception. Quand l’hallucinatoire n’est plus potentialité créatrice mais projection persécutrice, de quelles forces le transfert se charge-t-il ?

Adolescence, 2020, 38, 2, 357-368.