Les foyers qui accueillent des adolescents des cités sont ici envisagés comme des lieux de contact entre deux cultures – de choc entre deux cultures. Il revient aux éducateurs de créer des liaisons structurelles entre le monde des adolescents et celui de l’éducatif, de travailler à transformer le choc en un entrecroisement de cultures. Ce qui implique un remaniement du cadre institutionnel.
Le placement en foyer est ici envisagé comme une situation proche de la migration. Sans que la pertinence de l’interprétation habituelle des comportements transgressifs des adolescents comme autant de symptômes soit niée, une lecture différente, complémentaire, est ici proposée. Ces comportements sont une tentative qu’opèrent les adolescents pour maintenir leur inscription dans le monde dont ils viennent et, plus généralement, pour régler un conflit de normes.
Cet article vise à retracer l’évolution depuis les années 80 des rapports des jeunes aux économies de trafic et à analyser leurs influences sur leurs modes de socialisation. En référence à ces analyses, nous identifions les enjeux pour l’éducation, à la fois par rapport aux jeunes eux-mêmes, par rapport à leurs familles et par rapport aux professionnels qui sont en lien quotidiennement avec eux.
Cet article traite des relations des jeunes des quartiers d’habitat social et de leur famille avec la loi. La régulation de leur vie par des normes inédites et infra légales vient s’interposer et reléguer la norme officielle au second plan. Elle devient étrangère, menaçante et inhospitalière. De sorte que la justice des mineurs doit travailler avec cet écart grandissant pour éviter le risque de basculer dans la violence répressive.
L’opposition dialectique est travaillée entre deux dynamiques : la créativité adolescente qui se veut partagée et les institutions socio-politiques. Les secondes peuvent encadrer les premières harmonieusement ou une rupture de développement se déclare.
L’auteur propose un essai sur le négatif lors de la constitution de l’objet amoureux à l’adolescence.
En s’appuyant sur la conception du narcissisme négatif qui révèle l’altération de la valeur fonctionnelle de l’objet, de nombreux exemples cliniques viennent illustrer cette misère d’objet. Situations où l’amour d’objet prend le sens d’un retournement vers soi dans la haine et la honte.
Cet article interroge l’aspiration à la complétude qui est décelable derrière la diversité de ce qu’on nomme » expérience d’amour « .
A partir d’une documentation hétérogène, une fiction est proposée qui fait vaciller la représentation de la fusion mère-enfant au profit d’une représentation de la fusion mère-enfant au profit d’une représentation de la complétude placenta-enfant: le » didyme placentaire » est un support métaphorique privilégié pour évoquer l’absolu de la complétude.
Ce didyme à jamais perdu alimente une intarissable quête. Les compagnons de l’expérience d’amour, quelle qu’elle soit, apparaissent comme des substituts imparfaits, investis d’une impossible mission. Ils sont toujours plus ou moins » imaginaires « .
L’expérience mystique peut traverser le processus d’adolescence, éventuellement structurer ce remaniement en y apportant une issue temporaire ou définitive. Elle n’endigue pas les fonctionnements plus ou moins pathologiques mais y donne sens. La » belle » Violaine ressuscite l’enfant mort de sa sœur, la » mauvaise » Mara. La lépreuse y aborde son fantasme d’humiliation par celui de renaissance dans un processus d’idéalisation nécessaire pour gérer la violence pubertaire.
A partir des travaux de Roland Barthes qui établit une équivalence entre musique et discours amoureux, l’auteur cherche à montrer que des intrications étroites se nouent entre la temporalité singulière de l’adolescence, la musique et l’état amoureux. S’il semble difficile de parler d’une distraction amoureuse chez l’adolescent, le souci adolescent semble tout entier dévolu à la quête de l’âme sur et à la recherche des mélodies musicales qui pourront en traduire l’émotion. Or, ce souci qui peut prendre une tonalité obsédante trouve à s’alléger par le biais des rythmes et des sonorités musicales qui entrent en correspondances avec les éprouvés pubertaires. Le discours amoureux de l’adolescent trouverait de façon élective sa traduction dans les choix musicaux qui ponctuent la traversée du pubertaire et de l’adolescence. L’écoute musicale aurait ainsi cette vertu d’accompagner et de soutenir le mouvement transformationnel de l’objet d’amour, à la condition toutefois que le potentiel sublimatoire puisse être convoqué par l’adolescent et servir à cette maturation des choix esthétiques. En offrant une rythmicité harmonieuse et des qualités sensorielles mélodieuses les musiques consensuelles qui scandent la phase de latence et l’entrée dans la puberté entretiendraient, grâce à leurs vertus apolliniennes (plaisir de la bonne forme), une vision harmonieuse de l’existence, avant de céder le pas à des musiques plus sophistiquées et torturées, aux accents dionysiaques, qui tout en maintenant le mythe de l’Unité primitive et de la complémentarité des sexes ouvrent sur une vision tragique de l’existence.
Il s’agit, de montrer et d’analyser, deux mouvements de sexualisation à l’adolescence et leurs aléas. Le premier mouvement psychique, chaste, « courtois « , est la condition sine qua non du second. Il favorise lareconnaissance et l’élaboration des émotions, l’émergence d’une pensée personnelle et l’acceptation de l’altérité. Durant ce premier mouvement psychique, l’illusion quasi délirante d’appartenir aux deux sexes est peu à peu abandonnée grâce à l’expérience amoureuse qui utilise le partenaire, double un peu dissemblable, pour se dégager des parents œdipiens. À l’aide de cette expérience émotionnelle, l’adolescent modifie ses liens à ses objets d’identification et d’amour, prend conscience de certains de ses modes de pensée.
Le second mouvement, élargit la capacité à apprendre par expérience, l’insight, l’acceptation de l’altérité, rend possible l’intimité sexualité génitale stable et épanouissante grâce à l’intégration de la bisexualité psychique.
L’amour de transfert, c’est l’amour. La clinique est pourtant différente à l’adolescence et à l’âge adulte. Les différences proviennent vraisemblablement des exigences développementales, notamment celle d’avoir à renoncer à la réalisation des vœux incestueux et parricides qui est à portée de main. Le soi-disant amour de transfert à l’adolescence s’apparente davantage à une passion amoureuse avec tout le risque de s’y perdre.
Revue semestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines, indexée AERES au listing PsycINFO publiée avec le concours du Centre National du Livre et de l’Université de Paris Diderot Paris 7